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Etats en faillite, Haïti dans le peloton de tête

etatenfaillite-palaisClassée septième  sur une liste de cinquante-neuf « Etats en faillite », Haïti vient juste après l'Afghanistan, le Zimbabwe, le Chad, le Soudan, la République démocratique du Congo et la Somalie, arrivée une nouvelle fois en tête. Haïti devance cependant le  Yémen, l'Irak, la République centrafricaine, la Guinée, le Pakistan... dans ce classement publié par le Magazine Foreing Policy, le 18 juin 2012.

12 critères, dont la pression démographique, la perte de légitimité de l'Etat, l'insécurité, la précarité des services publics, le déclin économique, les conflits au sein des élites, le niveau de l'assistance externe... ont été retenus pour établir ce classement. En 2011, Haïti était 5e, 11e en 2010 et 12e en 2009.



Considéré depuis quelque temps comme un Etat en faillite, Haïti figure avec une certaine contance parmi les mauvais élèves de la classe depuis le tremblement de terre du 12 janvier. Après ce séisme ayant causé la mort de plus de 200 000 personnes, selon le bilan officiel, ce pays de 10 millions d'habitants peine encore à se remettre sur les rails. Malgré une forte présence de la communauté internationale et les milliards dépensés dans les opérations humanitaires, de relèvement et de reconstruction des villes touchées lors du séisme.    

Un dénominateur commun

Les pays de ce classement ont la misère comme dénominateur commun. En Haïti par exemple, le taux de natalité pour 1000 habitants est de 27; le PIB est de 67 dollars pour une population de 9.9 millions d'habitants dont l'espérance de vie est de 62 ans. Pour la Somalie, pays de  9.3 millions d'habitants, l'espérance de vie est de 51 ans, le taux de natalité est de 47 pour 1000 habitants avec un PIB inconnu. Comparativement à ces Etats en faillite, les statistiques sur les Etats-Unis d'Amérique sont très évocatrices. Le PIB est de 47,153 dollars pour une population de 309.3 millions d'habitants dont l'espérance de vie est de 78 ans. Le taux de natalité pour 1000 habitants est de 14.  

Au moment où le FMI dit que ça va

haiti-fail worstchartCe classement du Foreing Policy, un indicateur très attendu par les investisseurs, a été publié quelques semaines après un rapport du département d'Etat américain indiquant que la corruption est chronique et endémique en Haïti. Il est rendu public aussi moins de deux semaines après la visite d'une délégation du FMI qui a donné des bonnes notes à Haïti.  L'objectif de cette visite était d'évaluer la situation macroéconomique et financière au premier semestre de l'exercice 2011-2012, d'entreprendre la revue du programme conclu avec le FMI et de discuter des grandes orientations de la politique économique à mettre en oeuvre durant l'exercice fiscal 2012-2013.

Cette mission, dirigée par Boileau Lobo, Chef de mission, accompagnée entre autres, de Ketleen Florestal, représentante d'Haïti au Bureau de l'Administrateur, avait félicité les autorités haïtiennes pour les performances obtenues dans le cadre de la mise en oeuvre du programme notamment au niveau de la baisse du taux d'inflation et de l'augmentation des recettes fiscales.

Elle avait aussi profité de l'occasion pour encourager les dirigeants à poursuivre les efforts dans le domaine de la lutte contre la contrebande, du renforcement des administrations fiscale et douanière, de l'amélioration du climat des affaires et de la mise en place de programmes de protection sociale. La mission s'était également engagée à soutenir les hauts responsables dans l'amélioration de la capacité d'exécution du programme d'investissement public et dans la promotion d'une gestion plus efficace des franchises.

Cette mission avait tenu des réunions de travail avec des autorités haïtiennes qui, écho avec les aspirations du président Michel Joseph Martelly, mettent le cap sur les investissements.  Il faut attirer les investissements directs étrangers, avait souligné le président Martelly. L'année dernière, sans dire de quels secteurs ils proviendront, le chef de l'Etat avait annoncé la création de 500 000 emplois.

Entre-temps, Haïti est dans le peloton de tête des Etats en faillite. Avec presque 9.7 sur 10 dans l'indicateur concernant l'assistance externe.

Le Premier ministre Laurent S. Lamothe avait fait part de la volonté du gouvernement que l'aide externe passe par les institutions étatiques. Ce qui constitue un changement de cap de la coopération donnant pignon sur rue aux ONG, agences des Nations unies avec la bénédiction des bailleurs. Il y une semaine, l'ex-homme d'affaires converti à la politique s'était en effet prononcé en faveur du respect du « Plan stratégique de développement d'Haïti » comme cadre unique de planification, la promotion du budget de l'État comme instrument de mise en oeuvre financière des politiques publiques, l'exécution rapide des projets, le déblocage en urgence des projets clés de la refondation d'Haïti, le renforcement des capacités de l'État par le biais du ministère de la Planification et de la Coopération externe, le renforcement des unités d'étude et de programmation des ministères sectoriels.

Source: Le Nouvellsite
Roberson Alphonse
19 Juin 2012